La sophrologie pour amener des élèves au latin

Je n'ai pas renouvelé le groupe volontaire de sophro cette année parce que mon emploi du temps ne me le permet pas. En revanche, j'ai pu utiliser la sophro dans un cas de crise. On m'a donné une classe de troisième pour leur enseigner le latin (matière que je n'ai plus enseignée depuis longtemps, panique donc !). Ces élèves qui "subissent" le latin imposé le plus souvent par leur famille (5 seulement souhaitent continuer le latin en seconde) ont cours avec moi en dernière heure les lundis et vendredis. Autant dire qu'ils se sentent punis d'être là alors que les autres sont sortis ! Alors entre bavardages, énervement, fatigue, les cours devenaient une garderie. Prenant le prétexte qu'ils allaient passer un oral pour présenter leur rapport de stage, j'ai proposé une série de sophro les lundis soirs. Ce n'était pas gagné ! Un groupe de 28 à amener à la sophro ! agités pour la plupart, réfractaires à l'autorité !
Mais j'ai voulu tenter.
Lors de la première séance, j'ai commencé par la relaxation dynamique. Ils faisaient sans faire, en parlant, en riant. J'ai laissé faire, accentuant même certains exercices comme le karaté avec le cri, le pompage et le polichinelle. Ensuite pour l'induction(1), ils se sont intallés sur les tables, sur deux chaises, par terre. J'ai commencé par des irter(2), puis une induction lente. Certains sont entrés dans le jeu, d'autres n'en avaient pas envie mais sont restés calmes. Je fus impressionnée de voir tous ces corps, détendus, de sentir le calme du silence. J'ai fait une visualisation sur le lacher-prise, un voyage en montgolfière. Insistant sur la respiration, le calme, la confiance en soi.
Le réveil fut agréable à regarder, les visages détendus, les sourires, le "au revoir madame" investi.

J'ai renouvelé l'expérience deux fois encore. Les séance duraient environ 40 minutes. A la troisième, ils n'ont pas voulu de dynamique, se sont directement installés pour l'induction et la visualisation. Quelque chose a changé dans nos relations. Les plus réfractaires sont devenus les plus "protecteurs" vis-à-vis de moi.
L'un d'entre eux est allé raconter à ses parents qu'il avait fait du bouddhisme avec moi ! heureusement, mon Principal me connaît et adhère à mes méthodes.
Enfin, je peux faire cours avec eux, à présent, et ce sont même eux qui ont pris les rennes et qui se sont proposés pour des exposés etc.

Sinon, ponctuellement, je fais des séances de sophro quand je sens les élèves trop agités pour se concentrer.

Et puis, en début d'année, quelques collègues m'on demandé d'animer un groupe pendant l'heure du déjeuner, le mardi, et ça fonctionne très bien, c'est très sympa ! L'une de mes collègues a même trouvé l'amour depuis ! ;)

Voici donc mes quelques expériences cette année.

Mon statut de TZR (Titulaire en zone de remplacement) ne me permet pas de mettre en place un vrai projet sophro. C'est bien dommage. Et ouvrir les portes de l'EN pour faire connaître ses compétences n'est pas facile.

J'ai été inspectée ; l'inspectrice a senti que la relation entre les élèves et moi avait quelque chose de particulier.

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(1) - Une induction descendante est une relaxation du corps de la tête aux pieds ; le sophrologue nomme chaque partie de corps à détendre. mais il existe d'autres types d'induction comme le contour : imaginer que l'on dessine son corps avec une plume.
(2) - Un Irter est une relaxation qui joue sur la contraction puis la détente de la partie du corps nommée
Le choix dépend de l'intention du sophrologue et du degré de stress ou de nervosité des participants.

Lydie Malizia (Professeur de français - Montesson/Yvelines - Mars 2007)

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