Peur de l'école.
Comment sortir de la tempête par le yoga ?

 

Jean-Yves Deffobis (Professeur de yoga - Nantes)

Comment l’application du yoga permet-elle de découvrir le calme et la sérénité propices à l’épanouissement personnel ?

Un enfant joue au ballon. Dans le jeu, son ballon se loge dans les hautes branches d’un arbre. Vivement, il monte dans l’arbre, décroche le ballon. Mais le voilà pris au piège, il ne sait plus redescendre : vertiges, peur, panique. Il est là-haut, paralysé. Le voisin bienveillant lui apporte l’échelle salvatrice et les conseils utiles.
Le yoga a pour objectif, comme l’échelle dans notre histoire, de ramener l’équilibre afin de passer à autre chose. La démarche du yoga nous permettra d’assimiler les leçons de la vie quotidienne, et de les positiver.
Les enchaînements de postures de yoga vont aider à canaliser le mental, réguler le souffle, favoriser un sentiment de confort et entraîner le corps physique vers une même direction. Ces enchaînements sont appelés « VINYASA » :
 « Les différentes parties du corps sont disposées les unes par rapport  aux autres, dans une relation particulière, idéale, codifié, en vue de produire des effets favorables à la santé, pour un individu, à une période de sa vie. »

 

L’équilibre individuel a été rompu. Comment le yoga va-t-il ramener la stabilité de l’esprit et le sentiment d’harmonie dans le geste, dans un nouvel équilibre ?

D’une manière simple et toujours en relation avec les besoins de la personne, voici trois exemples d’enchaînements, qui ont été enseignés progressivement. Ils sont en rapport avec le stress de l’école, avec une longue dépression, avec un mal de vivre.

Une peur de l’école qui rend plus fort.

J. est un jeune garçon de 8 ans. Né en Inde, il ressent comme un point de côté chaque matin, avant d’aller à l’école. Son corps est plié en deux et il ne peut manger.
Suite aux dessins offerts spontanément par J. à son professeur, le point de souffrance a été nommé « le point Lion ». Tous les 15 jours, un enchaînement de postures lui a été enseigné, pour qu’il parvienne à la posture du lion, simhâsana. Cette posture peut être reliée à une légende indienne :
un pays entier était terrorisé par un démon qui ne pouvait être détruit ni le jour ni la nuit, ni dedans ni dehors, ni par un homme ni par un animal. Le fils du roi se transforma en demi-lion, et anéantit le démon au crépuscule, en l’attendant entre les deux colonnes d’une porte.

Série 1

Sur une durée de 4 mois, J. a été libéré de sa peur du groupe et de l’école. En commençant par vâjrâsana, assis sur les talons, J. a eu comme consigne de noter sa séance sur son cahier de yoga et de la pratiquer chez lui, quand il y pensait ou quand il en éprouvait le désir. Il a choisi, lui-même, d’accompagner son enchaînement par des sons, à sa grande joie.

« En s’imprégnant de la force du lion pris comme modèle, cette même force peut se manifester dans l’action au quotidien, au moment choisi. »

Le yogasûtra 24 du chapitre III de Patanjali évoque la force de l’éléphant ou de tout autre modèle approprié au sujet. Les énergies du lion ont stimulé l’imaginaire créatif de l’enfant, l’ont rendu plus confiant, lui permettant de dépasser ses craintes.

La concentration parfaite et répétée de la représentation d’une pensée positive qui nous fait défaut, la dignité du lion par exemple, produit, en nous, l’apparition de cette force morale.

Jean-Yves Deffobis (Professeur de yoga - Nantes)

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