34 - Nous avons tous à y gagner

Bonjour,

Je suis enseignante dans un lycée technique public de l'académie de Créteil. J'enseigne l'économie et le droit en classe de première STG et en classe de BTS tertiaire. Nos élèves ont le sentiment d'être sur une voie de garage (ce qui est encore dans bien des esprits). Ils sont mal dans leur peau, surtout les jeunes filles "futures" secrétaires qui bien souvent n'ont pas choisi cette orientatation car c'est décidé "par défaut".

J'aimerai qu'elles ne se dévalorisent plus, qu'elles soient plus à l'aise, elles sont souvent très angoissées, en résumé qu'elles éprouvent de l'amitié, de l'affection pour elles-mêmes afin qu'elles soient mieux dans leur tête et dans leur corps et cela dans toute situation. Comment convaincre l'équipe et l'administration que nous avons tous à y gagner? merci pour votre écoute et vos conseils.

J'avoue mon impuissance aujourd'hui face à l'absentéisme, la démotivation de nos élèves. Depuis des années je vais de stage en stage le week-end pour comprendre l'être humain. Je suis décidée maintenant à utiliser tout ce que j'ai appris pour le mieux-être de tous mais il est très difficile de le formaliser et surtout de "l'institutionnnaliser". L'école juge beaucoup mais refuse de remettre en cause l'approche de l'humain. Pouvez-vous aider des enseignants dans cette voie. Merci pour votre aide éclairée.

Patrici Pardini

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La réponse de Marie-Andrée Baillon (EPS et yoga)

Une réflexion au cœur de l'enseignement d'aujourd'hui.

L'acquisition des savoirs purs est à notre portée par divers médias, mais l'acquisition et l'appropriations de ces savoirs, les savoirs être et les savoirs faire demandent des démarches plus approfondies.

Avant de parler d'"aide au développement personnel" qui semble lié à la notion de projet personnel, donc une volonté d'envisager l'avenir (?)....ce qui est très difficile chez des jeunes en difficulté, il y a un long chemin à faire ???

Je pense , mais je peux me tromper, ce n'est que mon humble avis(!) qu'avant de parler de développement personnel il y a très certainement un travail sur l'estime de soi, la confiance en soi, confiance dans le milieu d'évolution et la confiance en l'avenir...
Qu'est-ce qui fait que je suis reconnu en tant qu'individu???
Si je me met à la place d'un élève :
- estime de soi : qu'est-ce que je vaut? dans mon métier d'élèves, dans mon métier d'ados? dans mon métier de jeune adulte???? en tant que MOI, selon le contexte???
- confiance en soi : je suis capable de:????à l'école avec mes potes en dehors de l'école...mes capacités, mes compétences ....en tant qu'élève, copains, frère, fils... et MOI : je SUIS

Travailler sur l'identité profonde de la personne en tant qu'ETRE HUMAIN. On a tendance à rester sur la notion de fonctions...et notre système éducatif voit un élève, il oublie souvent que cet élève a une VIE en dehors de l'établissement, et que personne ne lui a appris à en faire abstraction et à la laisser au vestiaire avant de rentrer dans une classe....Il arrive en classe, ou dans l'étabissement avec ses VALISES pleines de toute une vie pas forcément en adéquation avec ce que l'école veut, c'est à dire un élève-OIE que l'on veut gaver par des connaissances en dehors du sens de SA VRAI VIE à LUI !

Il y a bien à réfléchir sur tout ça, le sujet est passionnant.
Toutes les expériences en classe sont recevables s'il n'y a pas de mise en danger pour soi (en tant qu'enseignant ) ni de mise en danger pour l'élève et les élèves !
Formaliser ce qui réussi, échanger, c'est comme cela que l'on peut faire avancer le système.

Dans les années 60 et 70 il n'était pas possible de faire rentrer à l'école des activités telles que le yoga qui entraine un épanouissement, une maitrise de soi.... Actuellement ce sont les neurosciences qui boostent les médias sur les bienfaits de ces techniques...
Pourquoi serions-nous en retard, le mot Eduque r: ne veut-il pas dire faire grandir???

Je ne vous ai pas donné de recettes mais une réflexion, sur laquelle j'essaie de construire ma propre démarche pédagogique... Donner du sens aux apprentissages, pour que l'élève s'observe, s'évalue, s'identifie, ...s'estime et ait confiance.... par apport à lui, aux autres et au milieu dans lequel il évolue !

Bon courage
Amitiés

Marie-Andrée BAILLON

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La réponse d'Anne-France Lecat (relaxologue)

Bonjour,

S'il vous paraît difficile de mettre en place la relaxation de manière "formelle" (il existe dans quelques établissements des "clubs de relaxation" le midi : chercher sur Internet), peut-être pouvez-vous commencer par "glisser" quelques instants de détente dans vos cours : par exemple, leurs proposer de s'étirer, bâiller franchement voire soupirer entre 2 apprentissages : cela risque de provoquer l'étonnement ou des sourires amusés, montrez-leur en le faisant vous-même et en leur expliquant que cela permet de se décontracter et précisez l'importance du non-jugement durant ce moment. Des petits excercices d'ancrage, de contraction-décontraction, de respiration, d'auto-massage (mains, visage) peuvent être proposés. La difficulté sera de gérer en même temps les participants et ceux qui ne souhaitent pas participer, pour que cela reste agréable...

Qu'en pensez-vous ?
Cordialement,

Anne-France Lecat, relaxologue

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La réponse de Christian Coudre (Relaxologue et formateur - Pas-de-Calais)

Je suis en empathie complète avec ce que vous vivez et avec vos propos. J'ai la même approche que vous du problème. Je pense également que pour l'institution l'élève doit masquer l'enfant (ou l'adolescent). J'ai eu la même démarche que la votre et recherché différentes approches de l'humain pour avoir des outils de travail (j'étais rééducateur en Réseau d'Aides Spécialisées) et des arguments pour infléchir la représentation qu'a l'institution des personnes qu'elle accueille. J'ai travaillé dans la formation continue d'enseignants en proposant des stages sur le thème "la relaxation: outil de développement de la personne". Et j'ai formé des médecins et infirmières scolaires, psychologues, rééducateurs... de l'éducation nationale dans cette voie.
Je ne sais pas si je peux vous être d'une quelconque utilité, mais je suis disposé à en discuter avec vous, et à écouter vos demandes. Je vous joins mes coordonnées, n'hésitez pas à m'appeler ou à m'écrire par courrier électronique.

Christian COUDRE

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