14 - Est-il utile de pratiquer la relaxation à l’école ?

Christian COUDRE - Relaxologue – formateur - ex-rééducateur en RASED (Réseau d'Aides Spécialisées aux Elèves en difficulté)

Une question semble légitime : Est-il utile de pratiquer la relaxation à l’école ? Si oui, pourquoi ?
Il n’est pas utile, en tout cas, de l’envisager comme une matière supplémentaire à enseigner. Il n’est pas souhaitable, non plus, de l’imposer à quiconque. Cependant, elle représente un outil qui peut faire évoluer le « savoir être », base de l’appropriation du « savoir » et de l’efficacité des « savoir faire ».
La relaxation nous parle de nous par le biais des tensions qui jalonnent notre vie, dès le plus jeune âge dans notre corps (dont la tête fait partie, si je peux me permettre de le rappeler !).
Tout besoin d’une personne crée une tension dans son corps. Cette tension se relâchera à la suite de la satisfaction de ce besoin, ou lors de l’acceptation de la frustration.
Cette alternance tension/relâchement influence de façon majeure notre vie et conditionne notre disponibilité à nous-mêmes, aux autres et à toute évolution. Il suffit pour illustrer cette affirmation de se référer, entre autres, à  Henri Wallon, Wilhelm Reich, Freud (...) et à tous ceux qui se sont intéressés aux besoins de la personne, ou (et) à la relaxation, par des approches parfois très différentes.
Suivant ce principe, la relaxation devient un outil qui considère l’enfant à l’école dans sa globalité, et non pas, de façon restrictive, seulement comme un élève. La relaxation devient un véritable outil pédagogique. 
Bien sûr, il faut d’abord s’accorder sur ce que signifie le terme « relaxation ». Il définit à la fois les techniques utilisées pour rechercher une détente et le bien-être, et désigne également un certain état de conscience qui se distingue des états de veille, de sommeil et du rêve.
Pour les adultes, il existe beaucoup d’approches, ou de « méthodes »  qui peuvent correspondre aux sensibilités particulières des personnes les pratiquant. Il suffit de choisir celle qui nous correspond le mieux. Comme on choisit de pratiquer tel sport ou tel autre. Certaines ont été adaptées par des pédagogues pour faciliter leur utilisation avec des enfants.
Cependant, quelle que soit la méthode employée et quel qu’en soit l’animateur, je pense que la relaxation doit être un outil d’accompagnement de la vie scolaire, respectant les besoins de ceux qui s’y impliquent : l’enfant, les parents, l’(les)enseignant(s)... et l’institution. En premier lieu, l’expérience montre qu’il est important, au préalable, de rassurer chacun d’entre eux sur ce qu’est la relaxation et ce qu’en sera la pratique dans le projet proposé.
Ceci sous entend :

  1. Une vraie compétence en ce qui concerne la pratique de la relaxation, et une connaissance suffisante du développement psycho affectif et relationnel de la personne. Gardons à l’esprit que les besoins de l’enfant conditionnent le parcours de l’élève.
  2. Une grande clarté sur la motivation de la mise en place d’un projet de relaxation. Sera-t-il un outil susceptible d’améliorer le parcours scolaire de l’enfant, ou est-il un appel de l’enseignant qui éprouve des difficultés personnelles à gérer se  propres tensions face à ses élèves?
  3. Des objectifs compatibles avec la scolarité. La relaxation peut être un outil éducatif ou thérapeutique. Il doit être clair que la scolarité et l’école ne sont pas un temps ni un lieu de thérapie.
  4. Une grande stabilité d’encadrement de la pratique. Les référents habituels de l’enfant : les enseignants, le personnel éducatif intervenant à l’école, et l’équipe de santé scolaire semblent correspondre à ce critère.

La relaxation était à la mode dans les années 1980 et 1990. Elle a été utilisée à l’école dès cette période avec souvent beaucoup d’enthousiasme, et avec plus ou moins de bonheur. Les résistances sont parfois importantes, tant de la part des pratiquants (ceux qui semblent en avoir le plus besoin ont souvent des résistances importantes lorsqu’on leur propose de se détendre !) que des parents, des enseignants ou de l’institution qui n’apprécient parfois que modérément la mise en place mal préparée d’une activité qu’ils méconnaissent.
La clarté d’un projet d’utilisation de la relaxation à l’école rend à chacun son rôle dans le respect des besoins de l’enfant. Il est primordial que l’école sollicite chez lui le besoin d’apprendre et de se développer. Il me semble que la relaxation est utile en cela en proposant de vivre à l’école, mieux dans mon corps, mieux dans ma tête, et mieux avec les autres.

Christian COUDRE - Relaxologue – formateur - ex-rééducateur en RASED (Réseau d'Aides Spécialisées aux Elèves en difficulté)


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